ESSAI HISTORIQUE DE LA CORPORATION MUNICIPALE DE SAINT-MARC-SUR-RICHELIEU

LA VOIRIE MUNICIPALE : CHEMIN DE LIGNE DE L'ÉGLISE

Période : 1856-1900



Nous avons lu que le Grand Voyer a déposé un rapport concernant le tracé du deuxième chemin de ligne de la municipalité en 1792. Ce rapport trace un chemin de ligne partant de la troisième concession (rang des 60) pour se rendre près de la rivière Richelieu, en passant près de l'église. Soixante-trois ans plus tard, en 1855, nous avons lu que le conseil avait confié l'entretien du chemin de ligne de l'église à différents officiers.


Pour se rendre au village ou à l’église, plusieurs contribuables veulent un accès plus court. Ils déposent, le lundi  5 mai 1856, une requête ayant pour objet le prolongement du Chemin de ligne de l’église. La prolongation demandée est à partir du chemin de front du rang des 60 jusqu’au chemin de front du rang des 14. (du rang des 60 au rang des 14, partie jaune)

Le conseil remet sa décision à la prochaine réunion et demande au secrétaire de publier un avis informant les contribuables de l’objet de la requête. Cette publication doit paraître deux dimanches de suite après la grand-messe.

Des contribuables contestent la requête du mois de mai

À la réunion du lundi 2 juin 1856, une pétition est présentée devant le conseil. L’objet de la pétition est à l’encontre de la requête du mois précédent. En conséquence, le conseil demande que monsieur Christophe Préfontaine soit entendu pour et au nom des requérants de la requête de mai.

Pour donner suite aux requêtes présentées, il est résolu, à la réunion du  lundi 7 juillet 1856, que le secrétaire soit autorisé à faire les démarches nécessaires pour établir le tracé de la prolongation du chemin de ligne de l’église jusqu’aux limites de Verchères. Il doit rédiger un règlement régissant ledit tracé et désigner les imputations attribuables à chaque contribuable concerné ainsi que des modalités de son entretien. À la réunion du lundi 4 août 1856, une nouvelle requête est déposée. Elle a pour objet de s’opposer au rapport que le surintendant du comté de Verchères a présenté relativement à la prolongation du chemin de l’Église.

Le conseil accepte cette requête et présente un nouveau règlement concernant ladite prolongation.

Résumé de cette réglementation :

Prolongation du chemin de ligne de l’Église à partir du Rang des 60 à la limite de Verchères (trait-carré de Verchères) sur une largeur de 26 pieds (mesure française).

Les travaux exécutés seront faits à la charge de toute la paroisse.

L’entretien du chemin de ligne de l’Église sera exécuté comme suit :

La première concession par les habitants de la première concession

La deuxième concession par les habitants de la deuxième concession

La troisième concession par les habitants de la troisième concession

La quatrième, par ceux de la quatrième

Les clôtures le long de cette route seront fait avec des piquets de cèdre et des perches de cèdre, frêne (dans le texte :fresne), sapin ou épinette rouge.

Les chemins de ligne seront divisés d’après la superficie de cette paroisse, eu égard à la longueur de chacun des dits chemins de ligne.

Ordonne au surintendant du comté de Verchères de faire la visite des lieux pour y faire des changements pour son entretien (chemins de ligne) et faire une répartition équitable basée sur la superficie.

Que ces amendements et ordres soient lus et publiés à la porte de l’église.

À la réunion du 1er lundi de septembre, toutes les discussions concernant le chemin de l’église sont remises à la prochaine réunion.

La prolongation est votée sur division

Le samedi 11 octobre 1856, le conseil adopte, sur division, la prolongation du chemin de l’Église.

Pour la prolongation : Janvier Beaudry, Louis Senécal. Chistophe Préfontaine et Romuald Ducharme

Contre : Cléophas Leroux et Louis Langevin.

À la réunion du lundi 17 novembre 1856, le conseil autorise Jean Baptiste Beaudry à changer les perches qu’il a dans l’ancien chemin de l’Église, pour les installer dans le nouveau tracé.

On procède également à des changements dans le règlement de l’entretien du chemin de l’Église.

Le premier décembre lors de la réunion le conseil oblige des propriétaires du Rang des 14 à l’entretien du chemin de l’Église. Ces mêmes propriétaires doivent payer la somme de 100 livres, anciens cours, à Charles Blanchard, pour l’espace de terrain qu'il a été nécessaire de prendre pour le nouveau tracé du chemin de l’Église.

On veut se rendre au fleuve Saint-Laurent

Le conseil demande au conseil du comté de Verchères de continuer le nouveau chemin de l’Église jusqu’au fleuve St-Laurent.


Difficultés administratives

Le chemin de ligne de l'église est régi par plusieurs procès-verbaux. Cette situation rend difficile l'application de ces règlements ou procès-verbaux. C'est pourquoi, le lundi 6 juillet 1857, le conseil demande au représentant du surintendant de visiter le chemin de ligne de l’église à partir du chemin de front de la première concession jusqu’au trait-carré de Verchères. La demande a pour but d’abolir tous les procès-verbaux existants et d'en établir un nouveau.

Il semble que la demande au conseil de comté a été acceptée puisque le conseil homologue une résolution acceptant un procès verbal du chemin de ligne de l’église.

Le 5 octobre, le conseil autorise Romuald Ducharme à défendre, auprès du conseil de comté, le procès verbal du chemin de ligne de l’église vu qu’il y a appel au conseil de comté. Le procès-verbal ne spécifie pas les raisons de l'appel.

Le lundi 2 novembre 1857, le secrétaire fait lecture d’une requête pour la continuation du chemin de l’église.

Le 7 novembre1857 le conseil donne de nouvelles instructions au représentant du surintendant concernant le chemin de l’église ; le conseil ordonne au surintendant de se rendre sur les lieux du chemin de ligne de l'église, à partir du chemin de front de la concession des 60, jusqu’au chemin de front de la concession des 14. Si le surintendant le juge à propos, il pourra se rendre jusqu’au trait-carré de Verchères.

Cette résolution a été acceptée sur division : trois conseillers votent pour, un contre.


Encore le chemin de ligne de l'église

Le 8 mars 1858, le conseil homologue une résolution d’adoption des chemins de ligne suivant le rapport du surintendant. Cette résolution est votée à l'égalité des membres du conseil et le vote du maire est pour la résolution.

Le 5 avril 1858, le conseil annule, par règlement, les anciens procès verbaux des chemins de ligne de l’église et de Verchères ainsi que toutes les résolutions et règlements antérieurs.

Il apparait au procès-verbal que tous les procès-verbaux rendus par feu Remi Amable De Boucherville , grand voyer du district de Montréal, et tous les rapports qui ont établi les chemins sont déclarés être dans toute leur force et vigueur et que le public en a la pleine propriété des chemins mentionnés. Le tout conformément au rapport du surintendant de St-Marc qui est homologué par la présente.

Une requête de propriétaires est présentée à la table du conseil à sa réunion tenue le mercredi 5 janvier 1859. L'objet de la requête a pour but de séparer l’entretien des chemins de ligne. En conséquence, il est proposé de ne pas homologuer le procès verbal et de relire le procès verbal de 1790 relativement à la construction du chemin de ligne de l’église.

On demande également qu’un règlement soit fait pour régler la construction et la réparation des chemins de ligne.

On informe les contribuables que le règlement ne change en rien les modalités de réparation et de construction. Ce règlement spécifie que le chemin de l’église existant commence près de la rivière Richelieu et se termine à la troisième concession. (actuellement le rang des 60)


Le lundi 7 mars 1859, le conseil demande au secrétaire de faire un rôle de perception basé sur les superficies. Les habitants de la première concession sont déchargés de leurs obligations concernant le chemin de ligne de l’église.

Le conseil demande au secrétaire de préparer un procès-verbal pour régler l'entretien et la réparation du chemin de ligne de l’église.

Le lundi 2 mai 1859, après avoir avisé les intéressés, le conseil prend connaissance du procès verbal du chemin de ligne de l'église. Vu le peu d’intéressés présents à l’assemblée, le conseil reporte sa décision à une prochaine réunion.

Le lundi 6 juin 1859, le conseil homologue le procès verbal de l’entretien du chemin église. Le conseil amende le quatrième paragraphe en enlevant tous les mots après le mot (parts) "et le chemin sera à la charge de tous ceux qui ont des parts et non seulement qui ont des parts qui y conduisent de l’eau".

 

suite »»»»»»»

Il est également résolu qu’un amendement soit apporté au troisième paragraphe du procès verbal pour que l’entretien des fossés soit à la charge de ceux qui ont des parts. Le procès-verbal amende également le septième paragraphe en l’abrogeant et en le remplaçant par le même texte que le quatrième paragraphe.

Le secrétaire est mandaté pour rencontrer un procureur et s’informer sur la réglementation de l’entretien des chemins

Le 21 juin, le conseil remet l’examen du procès verbal de réparation du chemin de ligne de l'église à une autre réunion

À une réunion spéciale tenue le lundi 5 septembre 1859, le conseil examine le procès-verbal du chemin de ligne de l’église. Il prend en considération le procès-verbal du chemin de ligne de Verchères dont l’amendement a été rejeté faute de publication.

En conséquence, il est proposé, pour régler la difficulté, de nommer deux arbitres avec plein pouvoir, dont l’un serait nommé par les intéressés qui y ont des parts. Un troisième serait nommé en cas d’égalité.

La résolution est approuvée sur division, 3 conseillers votent pour, deux contre. Les intéressés présents refusent. En ce qui concerne le chemin de ligne de l'église, l’opinion des intéressés est de leur remettre le chemin. Le conseil remet sa décision à une prochaine réunion.

Le mercredi 5 octobre 1859, une demande est déposée afin de produire un nouveau procès verbal pour l’entretien du chemin de ligne de l'église. Le conseil rejette la demande.


Le lundi 9 avril 1860, le conseil nomme le secrétaire officier du conseil dans les travaux du chemin de ligne de l’église et il doit produire un procès-verbal à cet effet.

Il est également résolu d’exempter monsieur Benoit pour les travaux sur le chemin de ligne de l'église ainsi que pour le surplus de la superficie de sa terre d’en haut qui excède 90 arpents.

Le conseil autorise de faire entretenir le pont sur le chemin de ligne de l'église situé dans la première concession. Les travaux seront faits à la charge de tous les propriétaires de la concession des 30, à partir de la propriété de Monsieur Joseph Chicoine jusqu’au chemin de ligne et par toutes les personnes qui y conduisent de l’eau, dont les propriétaires se trouvant dans la concession des 30.

Le conseil autorise également de faire entretenir le pont de la seconde concession du chemin de ligne de l'église à la charge de ceux qui y conduisent de l’eau.

Le lundi 14 mai 1860, le conseil examine le procès-verbal du chemin de ligne de l'église ainsi que le devis du chemin de ligne de Verchères. Le conseil remet sa décision à la prochaine réunion.

Le 26 avril, le conseil autorise l’exemption des charges dans le chemin de ligne de l'église de la part de Monsieur Benoit. Cette autorisation est décidée sur égalité des voix, le maire votant pour l'exemption.

Le conseil examine le nouveau procès-verbal du chemin de ligne de l'église et ajourne la réunion.

Le jeudi 24 mai 1860, le conseil examine à nouveau le procès-verbal du chemin de ligne de l'église et oblige tous les propriétaires résidants le long du chemin à l’entretien du dit chemin ainsi qu’une part égale dans la clôture de l’autre côté dudit chemin.

Le conseil suspend les décisions du chemin de ligne de l'église.

Le lundi 25 juin 1860, le conseil remet l'examen du procès-verbal concernant le chemin de ligne de l'église.

Le samedi 21 juillet 1860, l'examen du procès-verbal du Chemin de ligne de l'église est remis.

Le mardi 6 novembre 1860, le conseil accorde d'autres exemptions pour les travaux sur le chemin de ligne de l'église.

En conséquence, le conseil amende le procès-verbal du Chemin de ligne de l'église de manière que les habitants depuis Monsieur Joseph Chicoine exclusivement jusqu’à Monsieur Théoclide Guertin exclusivement, soient ajoutés à ceux qui dans les 30 sont obligés dans les travaux du chemin de ligne de l'église. Cette résolution est adoptée sur division, 4 conseillers votent en faveur et un contre.

Nouvel amendement au procès-verbal du Chemin de ligne de l'église régissant les résidants de la première concession de manière à ce qu'ils participent pour l'entretien de 22 arpents du chemin de ligne de l'église. Les résidants de la deuxième concession participeront pour 26 arpents et les autres résidants pour le reste.

Le lundi 10 décembre 1860, le conseil homologue le dernier procès-verbal du chemin de ligne de l'église.


Le lundi 21 juillet 1862, le conseil nomme deux surintendants spéciaux pour régler et déterminer l’endroit et le côté où les travaux doivent être faits sur le chemin de ligne de l'église, à partir du rang des 30 vers l’église.

Nous sommes en 1862. À cette date, la prolongation du chemin de ligne de l’église ne semble pas encore réalisée et l'on en parle depuis 1856, six ans de discussions.


Construction d’un pont

Il faut traverser facilement le « cours d’eau Richer ». À cet effet, une requête est déposée, le lundi 4 mars 1878, afin d’obtenir la construction d’un pont sur le chemin de l’église. Ce pont se situe entre le chemin de la première concession et celle de la seconde. La décision est remise à une prochaine réunion.


Vingt-quatre ans plus tard, la prolongation du chemin de linge de l’église réapparait.

Le lundi 7 juin 1880, une requête est déposée demandant au conseil l’ouverture d’un chemin de communication entre la troisième et la quatrième concession. Le conseil reporte sa décision ultérieurement. Le lundi 5 juillet 1880, sur demande de Monsieur  Améric Ducharme, le conseil autorise l’élimination de son nom sur la requête concernant le prolongement du chemin de ligne de l’église.

Des mécontents se font entendre

Un groupe de contribuables veulent que la prolongation du chemin de ligne de l’église dépasse le Rang des 14 pour se rendre jusqu’au trait-carré de St-Marc et de Verchères. À la même réunion, ce lundi 26 juillet 1880, une autre requête est déposée informant le conseil que les signataires désirent que la première requête soit conservée intégralement et sans ajout.

Pour continuer le cheminement de la construction du prolongement de chemin de l’église, le conseil reçoit une demande de contribuables afin de bien vouloir rédiger un règlement. Ce règlement ordonnerait l’ouverture d'un chemin ou d'une route pour communiquer entre le chemin de front du rang des 60 et celui du rang des 14. Le conseil accepte cette demande ce lundi 18 octobre 1880.


Le lundi trois janvier 1881, le conseil dépose son procès-verbal concernant la prolongation du chemin de ligne de l’église. Ce procès-verbal mentionne la liste des contribuables pour le nouveau chemin entre le rang des 60 et celui des 14. Le tracer suivra une ligne entre les lots 465, 464 et 462 à partir du chemin de front du rang des 60 sur une longueur de quinze arpents sur la terre de Janvier Beaudry. À partir de ce point, il fait une équerre sur la terre de Émile Blanchard jusqu’au chemin de front du rang des 14. La largeur du chemin est de vingt-six pieds français entre les clôtures de chaque côté du chemin. Des fossés seront creusés de chaque côté du chemin. Le chemin sera ouvert par les intéressés et ils doivent prévoir les ponts nécessaires. Les terrains seront expropriés aux frais de la municipalité. Le conseil prend en considération le procès-verbal et le reporte à l’étude.


Le lundi 2 mai 1887, une nouvelle demande est déposée concernant le chemin de communication entre les rangs des 60 et 14. La demande est remise à l’étude.

Maintenant, le prolongement semble vouloir avancer

Le lundi 6 juin 1887, le conseil accepte la requête des demandeurs et ordonne de préparer un règlement concernant le prolongement du chemin de ligne de l’église entre les rangs des 60 et 14.

Homologation du règlement numéro 43

Le lundi 20 juin 1887, le conseil homologue le règlement portant le numéro 43, règlement concernant le prolongement du chemin de ligne de l’église entre les rangs des 60 et des 14. Le tracé est situé entre la terre d’Émile Blanchard du côté sud-ouest et celles de Herménégilde Beaudry et Arthur Handfield du côté nord-est, entre les lots 462, 465 et 464. Le chemin aura une largeur de vingt-six pieds de clôture à clôture. Il est prévu des fossés de chaque côté du chemin et la terre des fossés sera remise sur le centre du chemin de manière à ce que le centre soit d’environ six pouces plus élevé que les bords. La clôture est faite en fil de fer barbelé. Les travaux seront exécutés par la municipalité, mais l’entretien sera fait par les intéressés. Il est prévu un pont sur le cours d’eau. La fin des travaux est prévue pour le premier novembre 1887. La liste des intéressés dans le prolongement du chemin de ligne de l’église est rédigée et déposée.


La nouvelle route entre le rang des 60 et celui des 14 étant mesurée en mesure anglaise, et vu que le règlement impose la mesure française, le conseil fait les corrections nécessaires. Lundi 8 avril 1889, le conseil autorise le paiement de la différence à payer sur le coût d’expropriation. Il demande également que les clôtures soient installées de chaque côté du chemin.

Le prolongement du chemin de ligne de l’église a pris 33 ans à se réaliser pour se rendre du rang des 60 jusqu’au rang des 14.


ACCUEIL SECTEURS

Publication 4 février 2010

Réalisation Jacques Hébert

Société d'Histoire de Cournoyer