LES MAISONS DUCHARME
Héritage de Gabriel Fontaine
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Le 15 juillet
1778, François Fontaine-Bienvenue, cultivateur, et son épouse Angélique
Chagnon à Saint-Charles, achètent
une terre de deux arpents par quarante-cinq arpents de profondeur dans
la Seigneurie de M. de Bellefeuille, de Jacques Moisan et son épouse
Josette Rivard (notaire Mondelet).
Cette terre est limitée comme suit : en avant par la rivière Richelieu,
en arrière, par la terre d’André Tétro dit Ducharme, au nord-est par la
terre de Baptiste Tétro-Ducharme et au sud-ouest par la terre de
Jean-Baptiste Fontaine, époux de Josette Tétro et frère de François*.
Cependant, Gabriel le fils de Jean-Baptiste échangera sa terre de trois
arpents par soixante arpents avec Jean-Baptiste Chauvin le 21 août
1788 (notaire Charles Michaud). Il la vendra à Augustin Quintal
puisqu’en 1805, on retrouve les Quintal comme voisins (au sud-ouest) des
Fontaine.
Les
Fontaine auxquels nous nous intéressons maintenant sont les descendants
de François, soit Gabriel et ses enfants : Gabriel épousa Marguerite
Beaudry en 1784 à Saint-Charles et, ils eurent onze enfants, huit fils,
un meurt à l’âge de 27 ans, et un autre en bas âge, et trois filles dont
une décède enfant). Quand Gabriel et Marguerite s’éteignent en 1831 et
1832, leur fils François, demeuré célibataire, vit toujours avec eux, et
il est âgé de 39 ans. François ne se mariera que dix ans plus tard avec
Julie Guyon dont il n’aura pas d’enfant; il continuera à habiter la
maison de pierres (lot 65) de ses parents sans en avoir été désigné
comme l’héritier. En effet, si Gabriel a établi quelques-uns de ses fils
par différentes donations en 1811,1814, 1818 et 1825. Il n’a pas cédé sa
terre ni sa maison à aucun d’entre eux. À son décès ses enfants cèdent
leurs droits sur le patrimoine familial à l’un d’entre eux, Claude,
contre rétribution monétaire de 14,150 livres (ancien cours) que ce
dernier s’engage à payer.
Claude, maître-forgeron, a reçu de son père Gabriel deux terrains de
quelques arpents enclavés dans la terre de ce dernier (1818 et 1825 :
notaire Dutalmé). Quand Claude épouse Anne Dufresne en 1820, il est en
possession d’une maison de bois, d’une boutique de forge avec ses agrès
et d’un moulin à vent (notaire Charles Duvert, contrat de mariage 14
février1820. Son épouse lui apporte une dot de 4000 livres tirée de la
succession paternelle. C'est sur le terrain voisin des Quintal, entre le
chemin du roi et le ruisseau qui traverse la terre des Fontaine, que
Claude érige la maison de pierres à deux étages (lot 64) dont
l’existence est reconnue en 1836 dans un acte de vente que Claude
Fontaine et son épouse font à Marguerite Fontaine (sœur de Claude), et à
Louis Quintal, son beau-frère, pour régler un différend qui les oppose.
En 1832, Claude s’était engagé à dédommager les cessionnaires et il n’a
pas, semble-t-il, rempli ses engagements, puisque les Quintal lui ont
intenté une poursuite. Pour « casser » l’action en justice, Claude
Fontaine se départit de la moitié de la terre de son père, soit un
arpent par trente arpents, en faveur de Marguerite et Louis Quintal et
leur accorde le droit d’occuper la maison de pierres de Gabriel Fontaine
(lot 65) durant quatre ans (notaire; Migneault, greffe Chicou-Duvert, 22
juillet 1836). Le 13 août 1846, devant le notaire Charles Brin, Claude
Fontaine cède l’autre moitié de la terre familiale à son frère François,
toujours pour régler la succession paternelle. Une partie des 6000
livres de la transaction servira à liquider des dettes auprès des
principaux créanciers de Claude Fontaine qui réside maintenant à
Plattsburgh, état de New York (depuis 1838). Cependant, les péripéties de la succession Gabriel Fontaine ne sont pas terminées. En 1852, Marguerite Fontaine, devenue veuve, donne à sa fille adoptive Julie Bourgette et à son mari Pierre Gravelle maître tailleur, la terre de un arpent par trente arpents, terre obtenue en 1836 de Claude Fontaine. Elle se réserve, à vie durant, un petit verger situé au bout de la terre près du cordon du second rang. Pierre Gravelle, installé à Montréal, vend l’héritage des Fontaine à Joseph Brin en 1853 (notaire; J.E. Leblanc, acte 2108), au prix de 8000 livres dont la moitié servira à payer la rente viagère qu’il doit à la veuve Quintal qui mourra en 1868 à Montréal. (notaire; LeTestu St-Hyacinthe, acte numéro 2023)
En septembre 1855, Joseph Brin se départit de la terre au profit de
Joseph Fontaine, un neveu de François et de Claude, établi à
Saint-Hugues où il se marie la même année avec Aurélie Lagacé. Joseph
meurt en 1857 laissant sa veuve avec une petite fille Marie Fontaine.
Aurélie met la terre à vendre aux portes de l’église de Saint-Marc et la
terre échoit à François Fontaine qui a ainsi rassemblé les deux moitiés
de la terre paternelle (16 novembre 1857).
Cependant le 13 janvier 1858 François cède la terre des Fontaine
(notaire; Charles Brin), à Bruno Guyon, un cousin de sa femme, à qui
incomberont toutes les charges, rentes et servitudes de l’héritage
Fontaine. En mars 1862, Bruno Guyon vend la terre de trois arpents par
trente arpents et la maison de pierres du lot 65 à Léandre Ducharme
devant le notaire Zénon de St-Aubin (acte 5369) au prix de 15,000 livres
anciens. cours. En retour Léandre Duchame se charge de payer la rente
viagère à Marguerite Fontaine, veuve Quintal. En plus, il règle
l’héritage de la petite Marie
Fontaine et assume la garde du vieux François Fontaine jusqu’à sa mort
qui surviendra
en 1882 à l’âge avancé de 89 ans.
À la mort de Léandre Ducharme en 1878, la maison sera habitée par ses fils Victor et Alméric (toujours célibataire) jusqu’à la mort de ceux-ci en 1916 et 1928, leurs sœurs s’étant attribué l’autre maison de pierres, celle à deux étages bâtis par Claude Fontaine. À la mort de Victor, son fils prénommé Léandre et l’épouse de celui-ci, Éva Senecal, y vivent avec leur famille jusqu’en 1960. À la suite de mauvaises affaires, la terre et la maison de pierres (lot 65) furent vendues par les syndics et passèrent aux mains de Roger Comtois qui convertit la maison en maison à logements jusqu’à la vente au docteur Guy Girardin en 1968.
Quant à l’autre maison de pierres, celle à deux étages du style
« loyaliste », elle fut bâtie par Claude Fontaine entre 1825 et 1836 sur
un terrain qui avait autrefois appartenu aux Quintal. Elle avait été
vendue à Pierre Ménard, maître-maçon, en 1807, puis à Josep Charles
Drolet en mai 1811, et enfin à Gabriel Fontaine en novembre 1811, qui en
fit don à son fils Claude pour bons services rendus à ses
parents (notaire; Duvert, 11 juin 1825). Claude démolit la maison de
bois de vingt pieds par 25 pieds, érigée par Pierre Ménard pour
construire sa maison en pierre. La maison devait connaître plusieurs
propriétaires avant de passer aux mains de Léandre Ducharme. En effet,
une fois rendu aux États-Unis, en 1851, Claude Fontaine tenta de vendre
sa maison de pierres le 9 août à Pierre Ménard maçon, mais comme il
devait à John Fraser, seigneur de Cournoyer et de Contrecoeur, un solde
impayé de cens et de rentes, Claude Fontaine vendit finalement sa
propriété à ce dernier le 18 mai 1852 au prix de 3000 livres, une partie
était due à ses créanciers (notaire ; Charles Brin, acte 1998)
Le 16 juillet 1853, après quelques échanges avec d’autres partis (dont
l’huissier Cyprien Collin et Joseph Dalpé fils, menuisier originaire de
Saint-Marc, mais résidant à Montréal), John Fraser vendit le terrain et
la maison de pierres à deux étages à Ludger Quintal, au prix de 3100
livres (notaire; Charles. Brin, acte 2372). Le 28 juillet 1856 (notaire;
Charles. Brin, acte 1096) Ludger Quintal revendit la maison de pierres à
2 étages et le terrain attenant à François Dansereau et son épouse
Edwige Adam. En même temps, il leur céda la terre de deux arpents par
quarante-cinq arpents qu’il avait héritée de ses parents, François
Quintal et Josette Beaupré en 1838 (notaire; Migneault, acte 1326).
Ludger Quintal se réserva la moitié de la maison de pierres pour y vivre
jusqu’à sa mort; l’autre moitié fut occupée par l’acheteur François
Dansereau, maître-menuisier. Celui-ci s’engagea peu après dans la
formation d’une société de construction, dont Cléophas Leroux était le
gérant. Est-ce par mauvaises affaires qu’il se vit forcé à vendre le 21
février 1868 (notaire; Charles Robert, acte 1638) à Léandre Ducharme la
propriété acquise de Ludger Quintal? La vente se fait alors pour la
somme de 15,800 livres dont Dansereau doit encore 11,000 livres à Ludger
Quintal et 1000 livres à Cléophas Leroux. La solde lui sera payée
d’année en année par les Ducharme jusqu’en 1890, alors que François
Dansereau a émigré aux États-Unis. Quant à Ludger Quintal, il partagera
la maison de pierres avec les Ducharme jusqu’à sa mort en 1878. En 1883,
après la mort de leur père Léandre et de leur frère Marc-Léandre, les
sœurs Ducharme (Henriette, Sarah, Albina, Amanda et Sophronie) cèdent
leurs droits sur les immeubles hérités conjointement avec leurs frères
Victor et Alméric contre compensations financières (notaire; Charles
Robert, acte 1861). Les deux frères laisseront la maison à deux étages
habitée par la veuve de Marc-Léandre (Léonile Varie), tandis qu’ils se
partageront la maison voisine. En 1913, Alméric Ducharme (célibataire),
institue sa sœur Sarah exécutrice universelle des immeubles qu’il a
partagés avec son frère Victor en 1886 et 1909. La maison des sœurs
Ducharme sera transmise à leurs nièces, filles de Victor (qui eut huit
filles et cinq garçons)**, puis vendue en 1982 à Jean Turcotte qui ne
l’habitera jamais, mais commença les réparations. En août 1986, Carole
Régnier et son conjoint achetèrent l’immeuble et cette dernière y vit
toujours (la maison est à son seul nom depuis 2003).
*Les
deux frères ont tous les deux un fils prénommé Gabriel (comme l’aïeul
des Fontaine) : ces deux Gabriel apparaissent dans la liste des
pétitionnaires pour la future église de Saint-Marc en 1791 (cf. livre
souvenir, p.68 recherche Georges Bellemare). **En fait, les héritiers de Victor Ducharme, sa femme Valeda Handfield et ses enfants survivants sont encore en propriété indivise (testament de Valeda Handfield le 23 décembre 1950) (notaire; Ed. Desrochers), À la mort d’Henriette Ducharme en 1978, il reste Juliette, Agathe, Simone et Madeleine pour se partager l’héritage de Victor et la maison du lot 64 (notaire; Eugène Handfield, testament d’Henriette, 24 mai 1977). Recherches et rédaction: Nicole Lamarre Dactylographie du texte: Marjolaine Racicot |
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INDICES SUPPLÉMENTAIRES (Les actes font références aux registres de la paroisse) Recherchiste : Jacques Hébert |
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Famille Gabriel Fontaine et Marguerite Baudry (parfois enregistré comme Fontaine-Bienvenu) |
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| 1794 | Baptême | Pierre |
| 1794 | Baptême | Joseph |
| 1796 | Baptême | Claude |
| 1797 | Baptême | Antoine |
| 1801 | Baptême | Marie Julie |
| 1803 | Décès | Pierre âgé de 9 ans et 23 jours |
| 1806 | Baptême | Élisabeth |
| 1806 | Décès | Élisabeth âgée de 1 mois et 19 jours |
| 1814 | Mariage | Louis épouse le 4 juillet 1814 Marie Baudri, fille de François Baudri et de Élisabeth Lepage de St-Charles |
| 1831 | Décès | Jean Baptiste âgé de 27 ans |
| 1842 | Mariage | François Fontaine-Bienvenu épouse le 11 octobre 1842, Julie Guillon, fille de Joseph Guillon et de Charlotte Benoit-Livernois |
| 1832 | Décès | Gabriel Fontaine âgé de 74 ans époux de Marguerite Beaudry |
| 1831 | Décès | Marguerite Beaudry âgée de 70 ans épouse de Gabriel Fontaine |
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Famille Claude Fontaine et Marie Anne Dufrêne (parfois enregistré comme Fontaine-Bienvenu) |
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| 1820 | Baptême | Damase |
| 1821 | Décès | Damase âgé de 10 mois et 2 jours |
| 1822 | Baptême | Marie Armine |
| 1823 | Baptême | Claude |
| 1823 | Décès | Claude âgé de 8 mois |
| 1825 | Baptême | Marie Hélène |
| 1826 | Baptême | Marie Odile |
| 1826 | Décès | Marie Audile à la naissance |
| 1827 | Baptême | Marie Christine |
| 1827 | Décès | Marie Christine âgée de 2 mois et 10 jours |
| 1828 | Baptême | Claude |
| 1830 | Baptême | Alexandre |
| 1831 | Décès | Alexandre âgé de 8 mois |
| 1832 | Baptême | Roch Alexandre |
| 1834 | Baptême | Norbert |
| 1834 | Décès | Norbert âgé de 7 mois |
| 1835 | Baptême | Théodule |
| 1837 | Baptême | Joseph Napoléon |
| 1838 | Décès | Anonyme à la naissance |
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1836 Louis Quintal et Marguerite Fontaine |
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| 1808 | Mariage | Louis Quintal épouse Marguerite Fontaine, fille de Gabriel Fontaine et de Marguerite Baudry |
| à venir | ||
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Page réalisée par Jacques Hébert Page publiée le 2 octobre 2006 Page modifiée le 3 mars 2008 |